Journée mondiale de la santé mentale : haut potentiel intellectuel, TSA et burn-out, la neuroatypie encore trop mal accompagnée
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre, focus sur la neuroatypie (HPI, TSA, burn-out) : chiffres clés en France, et pourquoi les professionnels du bien-être doivent se former pour mieux accompagner ce public en forte demande.
Le 10 octobre, un temps fort pour parler de ce qu’on ne voit pas assez
Chaque année, le 10 octobre marque la Journée mondiale de la santé mentale, portée par l’Organisation mondiale de la santé. C’est un moment fort pour rappeler que la santé mentale ne se résume pas à l’absence de trouble diagnostiqué, et qu’elle recouvre aussi des réalités moins visibles, souvent ignorées du grand public comme de nombreux professionnels du bien-être : celles des personnes neuroatypiques.
Haut potentiel intellectuel, troubles du spectre autistique, hypersensibilité : ces fonctionnements neuroatypiques s’accompagnent très souvent d’une fragilité de santé mentale spécifique, mal repérée, mal nommée, et donc mal accompagnée. C’est précisément le focus que nous voulons donner à cette semaine de la santé mentale : mettre en lumière un public nombreux, en demande réelle d’accompagnement, et encore trop souvent livré à lui-même face à des professionnels qui ne savent pas toujours reconnaître ce qu’ils ont en face d’eux.
La neuroatypie, un public en demande que le bien-être ne peut plus ignorer
Haut potentiel intellectuel (HPI), troubles du spectre autistique (TSA), troubles de l’attention, hypersensibilité : le terme de neuroatypie regroupe des réalités très différentes, mais un même constat les traverse toutes. Ce sont des publics en nombre significatif, en demande croissante d’un accompagnement qui comprenne réellement leur fonctionnement, et trop souvent en errance devant des professionnels du bien-être qui n’ont pas été formés à ces spécificités.
Les chiffres, quand on les rassemble, donnent la mesure exacte de l’enjeu. En France, le trouble du spectre autistique concerne aujourd’hui environ 700 000 personnes, soit près de 1 % de la population selon les données de l’INSERM et de la Haute Autorité de Santé, dont 100 000 ont moins de 20 ans. Chaque année, ce sont environ 8 000 enfants autistes qui naissent en France, soit une naissance sur 100. Du côté du haut potentiel intellectuel, les données convergent autour de 2 % à 3 % de la population française, soit environ 1,3 million de personnes concernées.
Une santé mentale mise à rude épreuve, en particulier chez les adultes HPI
Ce qui frappe le plus dans la littérature récente sur le HPI, ce n’est pas seulement sa prévalence, mais son lien documenté avec l’épuisement professionnel. Le surinvestissement dans les projets, des standards personnels très élevés, et une difficulté marquée à « décrocher » mentalement exposent particulièrement les personnes à haut potentiel à un risque de burn-out. Ce phénomène est encore plus marqué chez les femmes HPI non diagnostiquées à l’âge adulte, qui présentent souvent, aux alentours de la trentaine, un tableau de burn-out très caractéristique, révélant parfois pour la première fois un fonctionnement neuroatypique jamais identifié jusque-là.
Ce sous-diagnostic à l’âge adulte est un phénomène récurrent : chez de nombreuses personnes concernées, le diagnostic n’intervient qu’à la faveur d’une crise burn-out, dépression, rupture professionnelle qui aurait pu être anticipée par un accompagnement plus précoce et mieux ajusté au fonctionnement réel de la personne.
Les troubles du spectre autistique : un accompagnement qui doit commencer tôt
Du côté des troubles du spectre autistique, l’enjeu est différent mais tout aussi pressant : celui de la précocité et de la qualité de l’accompagnement, en particulier chez l’enfant et l’adolescent. Avec 100 000 personnes de moins de 20 ans concernées en France, les besoins d’accompagnement structuré, en complément des prises en charge médicales et paramédicales, sont considérables et loin d’être couverts par l’offre actuelle.
C’est précisément dans cet espace que les professionnels du bien-être formés spécifiquement à ces problématiques peuvent apporter une réelle valeur ajoutée : par des approches sensorielles et corporelles douces, adaptées au fonctionnement neuroatypique de l’enfant, et pensées en complément (jamais en substitution) du parcours de soin déjà engagé avec les équipes médicales, psychologiques et paramédicales.
La réflexologie pédiatrique, une porte d’entrée naturelle vers l’accompagnement de la neuroatypie infantile
La réflexologie pédiatrique, par la douceur de son approche corporelle et sa capacité à s’adapter au rythme et à la sensibilité de chaque enfant, constitue une porte d’entrée particulièrement pertinente pour accompagner les enfants et adolescents neuroatypiques. C’est pourquoi une formation solide en réflexologie pédiatrique qui intègre également des programmes spécifiques dédiés à la neuroatypie chez l’enfant et l’adolescent représente une compétence rare et particulièrement recherchée sur le marché actuel des professionnels du bien-être.
Cette double compétence réflexologie pédiatrique et programmes neuroatypie enfant/adolescent est à retrouver parmi les formations de perfectionnement et de spécialisation proposées sur la boutique des formations en naturopathie, pour les praticiens souhaitant se positionner sérieusement sur cet accompagnement encore trop rare.
Se former à l’accompagnement du HPI et des TSA chez l’adulte comme chez l’enfant
Au-delà de la réflexologie pédiatrique, l’ensemble des professionnels du bien-être réflexologues, sophrologues, praticiens en hypnose, naturopathes gagnent à se former spécifiquement à l’accompagnement du haut potentiel intellectuel et des troubles du spectre autistique, tant les besoins sont nombreux et les fonctionnements spécifiques à comprendre avant de proposer un accompagnement pertinent.
Des formations dédiées à ces thématiques de bien-être mental et comportemental, incluant l’accompagnement du HPI et des TSA, sont disponibles dans la catégorie Bien-être mental et comportemental de la Masterclass, pour permettre à chaque praticien de construire une compétence solide sur ce public en forte demande.
Se former à la neuroatypie aujourd’hui, c’est répondre présent auprès de millions de personnes en France qui cherchent un accompagnement qui comprenne réellement leur fonctionnement, plutôt que de leur appliquer des grilles de lecture qui ne leur correspondent pas.
C’est aussi, très concrètement, ce que nous voulons porter à l’occasion de cette Journée mondiale de la santé mentale : donner aux professionnels du bien-être les moyens de mieux voir, mieux comprendre et mieux accompagner ce public, plutôt que de le laisser à la marge d’une santé mentale encore trop souvent pensée sans lui.
Foire aux questions
Qu’est-ce que la Journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre ?
C’est une journée internationale portée par l’Organisation mondiale de la santé, célébrée chaque année le 10 octobre, destinée à sensibiliser le grand public et les professionnels aux enjeux de santé mentale, y compris les réalités moins visibles comme la neuroatypie (HPI, TSA, hypersensibilité).
Combien de personnes sont concernées par le trouble du spectre autistique (TSA) en France ?
Environ 700 000 personnes en France, soit près de 1 % de la population, selon les données de l’INSERM et de la Haute Autorité de Santé. Environ 100 000 d’entre elles ont moins de 20 ans, et environ 8 000 enfants autistes naissent chaque année en France.
Quel pourcentage de la population est à haut potentiel intellectuel (HPI) ?
Les données convergent généralement autour de 2 % à 3 % de la population française, soit environ 1,3 million de personnes, bien qu’une part importante ne soit jamais diagnostiquée.
Pourquoi les personnes HPI sont-elles plus exposées au burn-out ?
Le surinvestissement dans les projets, des standards personnels très élevés et une difficulté à décrocher mentalement exposent particulièrement les personnes à haut potentiel à l’épuisement professionnel, un phénomène particulièrement documenté chez les femmes HPI non diagnostiquées à l’âge adulte.
Pourquoi le diagnostic de HPI ou de TSA est-il souvent tardif chez l’adulte ?
Chez de nombreux adultes, le diagnostic n’intervient qu’à la faveur d’une crise (burn-out, dépression, difficulté professionnelle), faute d’un repérage plus précoce du fonctionnement neuroatypique.
Pourquoi la réflexologie pédiatrique est-elle adaptée à l’accompagnement des enfants neuroatypiques ?
Sa douceur et sa capacité d’adaptation au rythme et à la sensibilité de chaque enfant en font une approche corporelle particulièrement pertinente, en complément du parcours de soin médical et paramédical déjà engagé.
Comment se former à l’accompagnement du HPI, des TSA et de la neuroatypie ?
Des formations spécifiques existent, en réflexologie pédiatrique incluant des programmes neuroatypie enfant et adolescent, ainsi qu’en bien-être mental et comportemental pour l’accompagnement du HPI et des TSA chez l’adulte comme chez l’enfant.
Alexandra ATTALAUZITI
Directrice ADNR Formations et ADNR Santé — Fondatrice et Présidente du SPBE, Syndicat des professionnels du bien-être et de la santé intégrative Naturopathe et réflexologue depuis plus de 25 ans.
Sources : INSERM, Haute Autorité de Santé, Santé publique France (prévalence TSA) ; Atypikoo, Connect the Dots, Partage Ton Burn Out (prévalence HPI et lien avec le burn-out).
