A l’heure actuelle, nous vivons dans une société paradoxale où la surabondance alimentaire n’est pas en adéquation avec le physique prôné dans les magazines ou sur les réseaux sociaux. Qui n’a jamais remarqué, au détour d’une rue les affiches publicitaires vantant les mérites d’un corps parfait ? Les médias, les réseaux sociaux, sont les premiers acteurs de ce changement culturel ou la minceur est synonyme de beauté, de confiance en soi et parfois même de réussite sociale. Ainsi, il est devenu ordinaire de trouver le dernier régime à la mode celui qui ne cessera de vanter les méthodes et les recettes miracles pour « perdre du poids ». 

Les premières victimes de ce dictat culturel sont souvent les jeunes adultes, jeunes adolescent(es), qui, dans une période de vulnérabilité extrême vont se fixer des objectifs idéalistes et obsessionnels à atteindre.

Le fait de ne pas entrer dans les normes dites « sociales », les remarques de l’entourage parfois anodines sur le physique, l’apparence ou le poids deviennent destructrices. La spirale des restrictions alimentaires et les troubles apparentés prennent le pas sur le simple fait de perdre quelques kilos. Anorexie, boulimie, hyperphagie, on parle alors de troubles du comportement alimentaire.

Il est important de souligner que ces troubles sont liés à de multiples facteurs autres que le simple fait de ressembler aux stéréotypes féminins. Les facteurs biologiques, psychologiques, affectifs, environnementaux en font partie ainsi que les troubles de l’image de soi (on parle dans ce cas de dysmorphophobie), de l’estime de soi etc…

A un certain stade de la maladie, la prise en charge thérapeutique est primordiale. Des traitements et thérapies médicamenteuses sont parfois nécessaires, c’est inéluctable. Cependant il existe de très nombreuses pratiques naturelles complémentaires pour rétablir l’harmonie entre le corps et l’esprit, car au delà des troubles, il est primordial de percevoir l’individu dans sa globalité. C’est le fondement de la Naturopathie.


Les Troubles du Comportement Alimentaire

Un trouble du comportement alimentaire (TCA) n’est pas un choix de mode de vie, une méthode pour perdre du poids ou un état de stress qui va passer avec le temps. On parle bien d’une maladie catégorisée dans les conduites addictives au même titre que l’addiction pour l’alcool ou la drogue. Cette maladie se caractérisent par des perturbations graves du comportement alimentaire et un rapport à la nourriture désadapté. Ils affectent les personnes psychologiquement, socialement et entrainent des complications somatiques (physiques). Dans les cas les plus graves, ils augmentent le risque de mortalité et de suicide.

L’anorexie mentale touche surtout les jeunes femmes (15-25 ans), elle se caractérise par une alimentation insuffisante par rapport aux besoins physiologiques, par des perturbations de la perception du corps liées à l’estime de soi et par un refus de prendre du poids même lorsque le corps est très amaigri. Dans 50 % des cas, l’anorexie mentale peut être associée à des épisodes boulimiques. Les conséquences sont une perte de poids, un amaigrissement parfois extrême, et une aménorrhée chez les jeunes filles ou femmes jeunes en dénutrition sévère.

La boulimie concerne 28% des adolescentes âgées de 10 à19 ans en France. Elle se manifeste par des crises compulsives d’ingestion de grandes quantités de nourriture sans faim ni plaisir sur un laps de temps limité. La perte de contrôle et l’obsession de la minceur conduit à un besoin d’éliminer (vomissements, jeûnes, exercices physiques excessifs, laxatifs etc.). La base du problème est le besoin de maigrir à tout prix.

L’hyperphagie, moins connue, se manifeste par une absorption d’une quantité anormale de nourriture. La personne n’est jamais rassasiée, elle mange avec plaisir, choisit ses aliments. Ici il n’y a pas de focalisation sur la minceur donc pas de comportements compensatoires (vomissements). Dans ce cas les personnes souffrent d’obésité puisqu’il n’y a pas de phase d’élimination.

Il existe d’autres troubles des conduites alimentaires plus rares comme l’alimentation hyper-sélective (par exemple ne manger que des aliments jaunes), le pica (ingestion compulsive de substances non comestibles), ou encore le mérycisme (régurgitation volontaire et remastication du bol alimentaire) etc…


Souffrir d’un Trouble du Comportement Alimentaire

Au commencement, les personnes ne voient pas s’installer le trouble. Cela se fait insidieusement. Le trouble apparaît comme une solution. Une solution pour perdre du poids, pour combler un manque de confiance et d’estime de soi, pour combler l’angoisse de ne pas être à la hauteur, pour soi et pour les autres. Terreur de ne pas être aimé, d’être moqué, d’être rejeté… Le TCA devient une réponse à un vide en soi. Vous désirez simplement perdre un peu de poids parce que la piètre estime que vous avez de vous-même pense qu’à défaut d’être intéressant pour les autres vous pouvez au moins être beau et mince pour attirer l’oeil et l’attention. Alors vous commencez à éviter des aliments et à réduire les portions, c’est le début de l’engrenage. Le TCA devient une façon d’exister… Et puis le comportement change vous pratiquez le sport à outrance afin d’éliminer le repas un peu trop riche de la veille. Vous cuisinez vos propres plats en choisissant vos aliments, vous faites la chasse au gras, aux calories superflues, vous pesez chaque portion de pain ou de féculents…et puis, l’humeur change, vous devenez moins drôle, plus irritable. L’épreuve de la balance devient obsessionnelle, si le chiffre est inférieur à la veille c’est la victoire, 100 g en plus, la journée ne sera pas bonne. Alors vous vous privez encore plus, vous faites du sport encore et encore, vous bougez, vous ne tenez pas en place, tout est prétexte à augmenter le NEAT (Non-Exercice Activity Thermogenesis), le ménage, le rangement, marcher,…

Les repas de famille, les sorties entre amis, les restaurants avec son/sa conjoint(e) deviennent un obstacle à la perte de poids. Alors vous mentez, vous n’avez simplement pas faim, vous êtes fatigués, vous avez mal au ventre, vous vous sentez grippé, tous subterfuges sont bons à prendre. Vous devenez égoïste, menteur, cachotier… La maladie décide de tout à présent. Elle choisit qui vous devez être, vous empêche d’aller vers les autres car elle est très possessive. Elle installe la peur et vous tient grâce à elle. Elle sait vous répéter que vous n’êtes rien sans elle avec des injonctions en boucle dans la tête.

La faim ? C’est quoi avoir faim ? Parce qu’avec le temps, vous n’avez plus faim, le cerveau est imperméable aux envies, aux besoins. Quelle fierté de résister à ce gâteau alors que d’autres vont se jeter dessus, l’estime remonte parce que vous êtes capable de faire ce que d’autres sont incapables de faire. Mais faire quoi au juste ? Vivre ? Se faire plaisir ? Rire, partager de bons moments avec ceux que vous aimez sans réfléchir à votre poids oui votre apparence. Manger quand ça ne va pas, remplir, combler un vide en soi, se consoler, et puis vomir…


L’accompagnement Naturopathique des TCA

La spécificité de la Naturopathie dans l’accompagnement des consultants est basée sur la notion « de terrain » de l’individu. On ne s’intéresse pas uniquement aux symptômes mais bien à l’individu dans toute sa globalité. On cherche la cause de la cause. De ce fait, la Naturopathie est un très bon outil pour une prise en charge globale. Les troubles du comportement alimentaire s’inscrivent sur tous les axes de la vie comme la vie de couple, les relations avec les enfants et les amis, l’axe professionnel, la dépression, la libido etc. Le travail se fera donc en collaboration avec une équipe pluridisciplinaire médicale, comme les psychologues, les gastro- entérologues, médecins nutritionnistes etc. Une complémentarité et un partenariat est plus que nécessaire, mais plus que tout un travail sur soi-même pour avancer dans l’accompagnement est primordial. La prise de conscience sur le trouble apparenté doit être verbalisée, et la démarche vers la guérison volontaire et non imposée par l’entourage.

L’accompagnement sera long car tous les chemins de pensée, les mécanismes, les automatismes qui ont attrait à la nourriture devront être «cassés». En effet dans les TCA, les personnes malades développent des pensées axées sur des croyances individuelles. Elles sont souvent déformées, inadéquates ou bien obsessionnelles. Aussi, les croyances sont celles portant sur la nourriture, le poids et l’apparence physique. «Les aliments gras et sucrés vont me rendre obèse», «si j’atteins 50 kg je me sentirai mieux», «si mes cuisses se touchent, que j’ai des bourrelets sur le ventre c’est que je suis trop grosse», «si j’ai de la cellulite sur les jambes c’est que je mange trop». Ainsi les objectifs fixés seront multiples.

Des objectifs nutritionnels avec des apports énergétiques proches des besoins de la personnes (en fonction du poids et de la taille), une constitution des repas en plusieurs phases avec des étapes pour retrouver une alimentation diversifiée, régulière et spontanée avec des heures et des temps de repas bien marqués. Il sera également primordial d’accompagner les troubles digestifs liés à la renutrititon et à l’anxiété (RGO, ralentissement de la vidange gastrique, constipation, douleurs abdominales, ballonnement, trouble du sommeil….)

Des objectifs comportementaux avec un partage des repas en famille, au travail, avec les amis. Rééduquer à la préparation des repas. Travailler sur la diminution jusqu’à l’arrêt des crises de boulimie, si il y en a, réduire l’hyperactivité physique et un rééduquer à la pratique du sport plaisir et non obsessionnel. Casser les mécanismes de comportement à visée amaigrissante.

Des objectifs psycho dynamiques avec un travail sur l’estime de soi, la confiance, et le besoin de maitrise et de contrôle. On travaillera à manger en pleine conscience, à retrouver une alimentation sereine, « plaisir », se réapproprier la sensation de faim et de satiété, d’écouter ses envies, ses besoins. La gestion du stress, de l’anxiété sera un axe à privilégier également puisque il faudra veiller à une diminution des préoccupations obsessionnelles concernant le poids et l’alimentation.


Le sport et les TCA 

Dans les TCA, les personnes sont souvent hyperactives, à la recherche constante de bouger, d’augmenter son NEAT, de faire du sport de manière compulsive, addictive, au détriment de la vie sociale et familiale. Cette hyperactivité physique concerne entre 30 et 60 % des malades, plutôt les malades restrictifs que boulimiques. Elle est à l’évidence liée au niveau d’angoisse et à l’anxiété. C’est ce lien à l’angoisse qui explique sans doute le lien entre hyperactivité physique et troubles obsessionnels et compulsifs (TOC). D’un point de vue biologique, une sécrétion très faible de leptine et une sécrétion élevée de cortisol favorisent l’émergence de cette hyperactivité qui fait partie d’un processus plus global de maintien d’un niveau d’excitation fort chez ces malades. Dans ce cas, l’activité n’est plus faite par plaisir mais par obligation ou par rituel. Ne pas pratiquer de sport instaure alors un mal-être que la personne pense ne pas pouvoir supporter.

Grâce à leurs bienfaits sur le plan corporel et psychique, les activités telles que la gymnastique douce, le yoga, l’aquagym, la danse thérapie seront à privilégier dans un premier temps afin de se recentrer sur son corps, avec des exercices de travail de posture et de mobilité, d’assouplissement et de renforcement musculaire.


Manger en pleine conscience, la sophrologie et cohérence cardiaque

Dans les TCA la perception, les pensées et émotions relatives au corps sont déformées et négatives. La sophrologie permet de travailler sur la connexion ou reconnexion entre le corps, l’esprit et les sensations. Le consultant pourra réinvestir son espace intérieur, lâcher prise, gérer son stress et l’anxiété grâce à des exercices associants relaxation dynamique, respiration, lectures du corps et des techniques de visualisation (paysage avec emploi de termes ressources). Plusieurs objectifs seront travaillés tels que la réconciliation avec soi, le plaisir de se nourrir, travailler sur ses sentiments, l’impulsivité et sur la prise de recul par rapport à d’éventuelles crises. La relaxation, grâce à des étirements permettra de prendre conscience des ressentis, ainsi que les techniques de respiration comme la cohérence cardiaque.

Des exercices faisant appel aux sens et aux plaisirs associés afin d’apprendre à manger en pleine conscience seront proposés. Par exemple prendre un temps pour déguster un carré de chocolat, un fruit ou tout aliment aillant une belle texture et de la saveur. Cela permet notamment de se réconcilier avec les aliments dits « plaisir » en observant et en réalisant que le plaisir est une question sensorielle non pas liée à la quantité de nourriture ingérée. Ralentir le temps pour manger en pleine conscience et ne faire qu’un avec l’aliment goutté, le corps et l’esprit. Quelle est sa couleur, sa forme, à quoi ressemble t’il, quelle est la sensation dans la main, son odeur, quel goût peut il avoir. Prendre conscience des sensations une fois dans sa bouche, le goût, la texture, le fait de le mâcher.


Les autres techniques

Hypnose SAJECE est une hypnose douce, et bienveillante, qui apporte une solution efficace à des souffrances ou un mal-être. La méthode permet de s’adresser directement à l’inconscient, à travers des mots, des histoires ciblant nos émotions face à certaines situations de la vie et de remonter à la source du problème.

La réflexologie énergétique est pratiquée par un professionnel grâce à des techniques de pression favorisant la relaxation, la prévention du stress et une stimulation des fonctions d’autorégulation grâce à un toucher spécifique de zones dites réflexes au niveau des pieds ou des mains.

L’aromathérapie, phytothérapie, compléments alimentaires permettront de combler des carences nutritives, de travailler sur les maux en lien avec les TCA, troubles digestifs, stress, anxiété la liste est longue mais les outils précieux.


©Isabelle Perdriau

 

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