Apprivoiser sa nature cyclique avec le soutien de la naturopathie

La physiologie de la femme est organisée de manière à lancer chaque mois un nouveau projet de grossesse.

Son anatomie est prévue pour accueillir un enfant en développement pendant 9 mois. Et ce, chaque mois environ, pendant presque 30 ans où elle peut concevoir et transmettre la vie.

Les femmes sont donc, par nature, cycliques et vivent chaque mois l’équivalent des quatre saisons que nous connaissons, de manière interne : printemps, été, automne, hiver.

L’analogie entre les quatre phases du cycle menstruel et les quatre saisons permet de définir et d’anticiper les différentes énergies qui s’opèrent au niveau physique et psychique lors du passage d’une phase à l’autre liées aux variations du cocktail hormonal présent dans le corps féminin.


La naturopathie possède une panoplie d’outils permettant de s’approprier ou se réapproprier son cycle.

D’une part, grâce à la prise en compte globale de la femme, qui permet, grâce à l’alimentation, la gestion psycho-émotionnelle, l’activité physique ainsi que toutes les autres approches complémentaires, de soutenir l’organisme dans les fluctuations du cycle, afin de le vivre au mieux.

Le cycle est naturel mais n’est pas toujours évident à vivre, d’autant plus quand on ne comprend pas ce qu’il se passe en nous.

D’autre part, l’aspect pédagogique de la naturopathie ; sur cette thématique on constate que l’éducation et la connaissance de soi sont plus que jamais bénéfiques pour ne pas subir le cycle menstruel et peut être un réel outil de développement personnel.

Parcourons ensemble les 4 saisons de manière à comprendre en quoi une hygiène de vie adaptée est primordiale pour l’équilibre féminin.

L’hiver

La phase menstruelle, qui peut durer de 2 à 7 jours selon les femmes. Si la fécondation n’a pas eu lieu à l’ovulation précédente, les hormones sexuelles (œstrogène et progestérone) qui stimulent le métabolisme chutent dans la circulation sanguine. Les fonctions corporelles sont donc ralenties.

Physiologiquement : La muqueuse utérine se desquame, le col utérus s’ouvre, les règles s’écoulent, l’utérus entame un grand ménage avant de faire peau neuve pour un nouveau cycle, le corps élimine et évacue, il revient à SON état initial.

Energies de la phase :  C’est la saison du repli et de la concentration intérieure. Cette phase est idéale pour cocooner, s’accorder du temps personnel, loin des conventions sociales.


Le printemps

C’est la phase folliculaire ou pré-ovulatoire, elle démarre 3 à 5 jours après les règles et se termine 2-3 jours avant l’ovulation. Sa durée est très variable d’une femme à l’autre, mais peut l’être aussi d’un cycle à l’autre. C’est la phase la plus variable du cycle. 

C’est la remontée en énergie après les menstruations. Les œstrogènes augmentent de manière progressive, ce qui va  avoir pour effet de dynamiser l’organisme, comme annonçant un renouveau.

Le métabolisme redevient très actif sous l’effet de cette production hormonale. Le corps se reconstruit, se régénère.

Physiologiquement : Sous l’effet de la montée oestrogénique de ce nouveau cycle, c’est la remise en route de la fertilité de l’organisme, le stock de follicules commence à mûrir. La priorité du corps à ce moment-là est d’assurer les conditions optimales de fécondation possible. La muqueuse utérine prolifère et se densifie afin de pouvoir accueillir l’ovule qui arrivera bientôt. Le col de l’utérus remonte, se ramollit et s’entrouvre. La glaire fertile devient très présente.

Energies de la phase : Cette phase représente la liberté et la puissance. C’est le moment de mettre son énergie au service de ses objectifs et nouveaux projets.


L’été

La phase ovulatoire qui pourra s’étendre de 2 à 5 jours.

Après la remontée progressive des œstrogènes qui aura duré au moins 5 jours, ces hormones atteignent leur pic, c’est le pic fertile cycle ! La testostérone fait aussi son pic à ce moment-là. Les œstrogènes boostent la qualité de la peau, les cheveux sont plus vigoureux.

Physiologiquement : Le col s’ouvre, il est mou et glissant. L’ovule fécondé ou non, entrera dans un glissement tout le long de la trompe vers l’utérus. S’il n’est pas fécondé, l’ovule sera réabsorbé dans la trompe avant d’atteindre l’utérus.

Energies de la phase : le maître mot de cette phase est le « rayonnement », c’est le moment de se pencher vers toutes les activités ou projet à caractère social.


L’incapacité à se préserver

La période pré-menstruelle ou phase lutéale qui dure de 11 à 16 jours.  L’ovulation est donc passée, l’hormone dominante produite au niveau des ovaires est la progestérone. La sécrétion d’œstrogènes se poursuit mais en moins grande quantité. L’organisme se remet en place pour un prochain cycle et se stabilise. .

Physiologiquement : Après l’ovulation réussie, le corps a pour priorité de se mettre dans les meilleures conditions d’implantation possibles (au cas où la fécondation aurait bien eu lieu). La muqueuse utérine entre dans une phase dite sécrétoire, elle produit un fluide nourricier et accrocheur pour l’ovule. La température corporelle s’élèvr (quasiment toujours au-dessus de 37°) puis se stabilise. Le col et la vulve redeviennent secs, du jour au lendemain, cela est lié au corps jaune qui produit la progestérone. S’il n’y a pas fécondation, le corps jaune prend ses couleurs d’automne, plus aucun ovule ne se prépare à mûrir, ni ne sera libéré de tout le cycle. Le corps jaune meurt, en fin de sécrétion de la progestérone et des œstrogènes, les menstruations sont déclenchées, l’organisme s’est rendu compte qu’il n’y a pas eu fécondation. S’il y a fécondation, le corps jaune est conservé plus longtemps afin de veiller sur la grossesse.

Energies de la phase : Sous la dominance de la progestérone, l’énergie physique diminue, cette phase est propice à l’introspection, c’est la phase de l’intuition, du besoin d’ancrage et du retour à soi au risque de s’éparpiller. C’est aussi la phase la plus propice aux activités créatives.


Un cycle dit « normal » peut durer de 21 à 35 jours. Il peut exceptionnellement être plus court ou plus long, la norme est la variabilité, les fluctuations sont souvent causées par des facteurs liés au mode de vie, sans que cela ne révèle de pathologie.

L’approche du cycle en naturopathie doit être complète et l’échange avec la femme qui consulte doit pouvoir se faire dans un climat de confiance, sans jugement, tous les aspects doivent être abordés tels que : 

Bien sûr l’hygiène de vie ! 

Entretenir une bonne hygiène de vie et soutenir sa nature cyclique grâce aux piliers de la naturopathie : 


Pilier 1 : l’alimentation

Les hormones sont fabriquées à partir des protéines et des acides gras que le corps obtient par l’alimentation. Équilibrer ses apports permettra de soutenir le cycle menstruel, mais aussi la vitalité du système nerveux et la qualité de la peau. Les carences influencent le cycle féminin et dans les cas les plus graves, certaines femmes n’ont plus de cycle menstruel. Les excès ne sont pas bons non plus et peuvent aggraver le déséquilibre.

Focus micronutrition

On veillera à faire le plein de vitamines et micronutriments tout au long du cycle en se tournant vers les aliments contenant notamment :

Le Magnésium contribue à réduire la fatigue et régularise le fonctionnement du système nerveux, des muscles et de la synthèse des protéines. L’utérus étant un muscle consomme beaucoup de magnésium, notamment pendant les règles, puisqu’il se contracte à cette période. Le manque de magnésium peut induire une augmentation de l’inflammation, ce qui impacte forcément le cycle en favorisant une augmentation des douleurs menstruelles mais des troubles de l’humeur comme l’irritabilité et la nervosité.

Le calcium : un bon apport a un effet bénéfique sur le SPM (Syndrôme Prémenstruel) en agissant entre autres sur les réactions chimiques du cerveau. Il aide à soulager les crampes musculaires et les douleurs menstruelles.

Un bon apport en vitamine D  permet  la  fixation du calcium par l’organisme. Elle intervient sur le SPM par l’intermédiaire des métabolismes du calcium et du magnésium.

 La Vitamine E agit sur le SPM par son action sur le métabolisme des neurotransmetteurs et celui des prostaglandines. Elle améliore donc également les douleurs de règles.

La Vitamine B6 : le corps ne la stocke pas et ne sait pas la fabriquer. Elle joue un rôle dans la synthèse des anticorps, de l’hémoglobine et des neurotransmetteurs tels que la dopamine, la sérotonine et le GABA qui sont impliqués dans la formation de certains symptômes du SPM comme la dépression, elle a un rôle très important dans l’équilibre psychique et la rétention d’eau.

La Vitamine F aide au bien être général grâce à son action hormonale dans la synthèse des prostaglandines, elle agit sur le syndrome prémenstruel

 Les acides gras oméga-3 d’origine marine favorisent la production de molécules anti-inflammatoires et aident  à réduire la contraction des muscles utérins et les douleurs menstruelles.

 Le Fer : la carence en fer peut avoir de multiples causes et elle est plus fréquente chez la femme que chez l’homme. Quand tout va bien (du point de vue des menstruations), la perte de sang pendant les règles comparées au volume de sang total, est minime ; les règles ne devraient donc pas créer d’anémies. En revanche, en cas de règles abondantes et de spotting, l’anémie et les règles peuvent être intimement liées

 Le Chrome améliore la tendance dépressive liée au SPM et réduit l’attirance pour le sucré. Si les stocks de chrome ne sont pas suffisants, la mobilisation de l’insuline ne peut pas se faire correctement et les sucres mis en réserve dans l’organisme ne seront pas mobilisables ; ce déficit induit alors les fringales sucrées pour apporter à l’organisme le sucre dont il manque.

Le Zinc est un antioxydant, essentiel au bon fonctionnement de l’organisme, il stimule les défenses immunitaires et il est directement impliqué dans la synthèse des hormones sexuelles. Il aide au maintien de la qualité de la peau et améliore la poussée d’acné menstruelle

Garder une alimentation saine et  équilibrée tout au long du cycle sera donc bénéfique et pour optimiser son cycle on pourra tenir compte des différentes phases de celui-ci en intégrant ou au contraire en limitant certains aliments à certains moments du cycle.


Pilier 2 : la sphère psycho-émotionnelle 

Le sommeil 

C’est pendant le sommeil, que le foie va faire son travail naturel de détoxification (très important pour un bon équilibre hormonal). Avoir un bon rythme de sommeil permettra donc à l’organisme de faire correctement son travail : dépollution, réparation et récupération en parallèle des autres mesures d’hygiène de vie.

Gestion du stress

Le stress est un élément majeur du déséquilibre hormonal, il agit sur sa durée, sa régularité, la qualité de l’ovulation, sur le syndrome prémenstruel, … En période de stress, l’organisme sécrète notamment l’adrénaline et le cortisol. Ce dernier, aura une incidence sur les sécrétions des hormones sexuelles (œstrogènes et progestérone) avec des effets potentiels sur l’ovulation.

Les exercices de respiration et relaxation

La cohérence cardiaque pourra être utile à tout moment du cycle, permettant d’évoluer vers un mieux-être et de retrouver un équilibre. Elle interviendra dans les épisodes de stress pour s’ancrer et prendre du recul. Ou encore lors de douleurs abdominales, permettant de relâcher les tensions par la respiration et de détourner le mental de ces douleurs.

La sophrologie : le corps est le siège des manifestations de nos émotions (positives ou négatives). La montée de l’émotion entraîne la montée des tensions, amplifiant elles-mêmes les émotions, et ainsi de suite … Mais l’inverse s’applique également : la détente musculaire entraîne une détente mentale, qui à son tour va détendre un peu plus le corps. La sophrologie permet d’aligner le corps et l’esprit grâce à des exercices de relaxation en alternant des exercices de respiration et des mouvements. Elle peut utiliser la visualisation positive, proche de la méditation à un niveau de conscience entre éveil et sommeil. Dans la gestion de la douleur des règles, ou du syndrome prémenstruel, des exercices issus de la sophrologie peuvent être bénéfiques. Ces derniers sont évidemment utiles dans la gestion du stress, qui provoque ou exacerbe les douleurs inflammatoires.

La respiration abdominale : cette technique de respiration est la respiration physiologique durant le sommeil. Elle permet de se recentrer, se détendre et s’oxygéner profondément. Elle pourra être utile pour relâcher la pression et revenir dans l’instant présent à chaque moment du cycle et d’autant plus bénéfique à l’automne du cycle où la dispersion est de mise !


Pilier 3 : L’activité physique

La sédentarité impacte négativement le système hormonal et peut dérégler son équilibre. Le manque d’activité physique peut accentuer le SPM, les règles douloureuses et favorise le surpoids. La sécrétion de neurotransmetteurs est stimulée par l’exercice physique : la dopamine, l’adrénaline et l’endorphine apportent une sensation de bien-être et réduit les troubles de l’humeur et du sommeil. La pratique d’une activité physique régulière est une des bases pour favoriser une bonne hygiène de vie. Elle va stimuler l’élimination des toxines, et apaiser le mental. Elle peut être plus douce en période menstruelle, en limitant les impacts, les torsions pour soulager l’abdomen. En revanche, dans cette période, le mouvement reste bénéfique dans la gestion de la douleur.


Les techniques naturopathiques complémentaires

La phytothérapie

Suivre le rythme du cycle menstruel avec les plantes permet d’améliorer la transition entre chaque phase et de soulager les différents maux du cycle.

On pourra choisir selon le besoin et adapter à chaque femme, parmi les plantes régulatrices comme le framboisier par exemple, les anti-inflammatoires telle que l’onagre ou encore les plantes aux vertus emménagogues, …

L’aromathérapie

Les hydrolats pourront être très intéressants, leur principal avantage étant d’être très bien tolérés et ne comportent que très peu de contre-indications et aucune accoutumance ni interaction médicamenteuse ; Bien choisis, ils pourront  soutenir les maux du cycle : le SPM et les bouffées de chaleur, l’aménorrhée ou encore les douleurs de l’ovulation.

En fonction des plantes choisies, ils pourront également agir sur la sphère émotionnelle et digestive notamment.

Les huiles essentielles peuvent être d’un grand secours pour soulager les troubles menstruels grâce à leurs propriétés antispasmodiques, anti-inflammatoires ou encore celles ayant un effet sur le flux sanguin, l’équilibre nerveux et hormonal, elles sont des concentrés de principes actifs et agissent très rapidement.

Les Élixirs Floraux :  bien choisies, les fleurs de Bach sont d’une grande efficacité sur la sphère émotionnelle. Elles aideront à s’apaiser, à se calmer, libérer la créativité ou encore permettent de laisser l’énergie circuler librement et de revenir à un état d’équilibre émotionnel.

Mais aussi,

La contraception : respecter le choix de la femme/du couple ; informer sur les moyens de contraception si souhaité afin que celle-ci soit entièrement adaptée au mode de vie de la consultante.

Le docteur Henry Rosenbaum disait : « Une contraception bien comprise ne peut se choisir ni s’appliquer que si le couple est informé des avantages et des inconvénients des différentes méthodes possibles » (extrait du Guide pratique de gynécologie du docteur Henry Rosenbaum).

C’est tellement riche de pouvoir se donner la chance d’ observer son cycle : le cycle menstruel est un véritable indicateur de santé, quand il y a un changement, ce peut être révélateur d’un dysfonctionnement. .

Les différents types de protection : le choix et le mode d’utilisation entre les différents types de protection peut impacter la santé et le quotidien des femmes, le mieux est d’en tester plusieurs jusqu’à trouver le plus adapté en fonction de son mode de vie et de son flux menstruel.

Les perturbateurs endocriniens : ces  agents chimiques qui viennent interférer avec notre système hormonal, ils se fixent sur les récepteurs de nos organes à la place des hormones en les imitant, mais en induisant des comportements inadaptés. Il est alors intéressant de balayer les habitudes de vie dans la salle de bain, la cuisine, les produits ménagers… afin de débusquer les coupables et de commencer à les limiter petit à petit…

Vous l’aurez compris, l’intégralité du mode de vie a une influence sur le cycle menstruel et sur la santé féminine. L’idée avec l’approche naturopathique est d’aborder petit à petit tous ces aspects de manière à rendre autonome la gestion du cycle et rendre à la femme son indépendance vis à vis de sa nature dont elle est souvent déconnectée.

Le suivi naturopathique de l’équilibre hormonal féminin est un complément au suivi gynécologique et médical permettant aux femmes de soutenir leur organisme en fonction de leurs choix et volontés intimes et personnels.

Il y a, en tous les cas de nombreux avantages à apprivoiser son cycle tels que : la connaissance de soi, l’optimisation de son quotidien en s’adaptant en fonction des phases du cycle dans la mesure du possible, la réappropriation de son corps en vue de la conception d’un enfant, la possibilité de détecter une anomalie du cycle ou tout simplement la liberté de vivre pleinement sa féminité sans la subir !


© Mylène Fleury

Conseillère en naturopathie – Consultations en Visio ou au cabinet (Nord de Toulouse)

 

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